Entretien: la cohabitation intergénérationnelle

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Cette semaine, CURA s’intéresse à la cohabitation intergénérationnelle.
En vue de vous offrir un témoignage concret à ce sujet, nous avons rencontré Samia, une jeune étudiante qui a tenté l’expérience grâce à l’ASBL 1toit2âges et qui a gentiment répondu à toutes nos questions !

 

  • Pourquoi avoir fait le choix d’une colocation intergénérationnelle ?

Je voulais quitter le domicile familial pour m’émanciper petit à petit, tout en étant en contact avec une personne pleine d’expérience, capable de me conseiller sur plein d’aspects de la vie quotidienne ou administrative. Pour des raisons économiques aussi, c’est une très bonne affaire.

 

  • Peux-tu nous raconter comment cela fonctionne ?

Tout d’abord, il faut compléter un formulaire en ligne en précisant le type de logement souhaité (familial ou senior, avec services ou pas…).

Ensuite, un rendez-vous est pris avec la directrice d’1toit2âges. Elle pose plusieurs questions comme par exemple : y a-t-il un garant, quels sont nos centres d’intérêt, comment a-t-on entendu parler d’1toit2âges – dans mon cas, c’était via une publicité dans un métro…

Les réponses servent à établir la compatibilité entre un étudiant et un senior et à organiser une première rencontre : on se présente alors seul(e) chez le senior, et on fait connaissance en discutant autour d’un thé ou d’un café. Le senior fait aussi visiter l’appartement.

Après ça, les deux personnes contactent la directrice de façon indépendante pour lui dire si la rencontre s’est bien passée ou pas. Si oui, une seconde rencontre est programmée pour signer les documents nécessaires en 3 exemplaires.

L’étudiant doit alors souscrire à une assurance (soit personnelle, soit celle de l’association). La date d’entrée de l’étudiant chez le senior est décidée d’un commun accord. Tout est extrêmement bien expliqué sur le site de l’association, je vous conseille vraiment de le consulter !

 

  • Comment se passe une journée/soirée type dans un tel logement ?

En semaine, je me levais et je déjeunais seule (la personne chez qui je vivais était déjà partie car elle travaillait encore comme professeur). Le soir, je revenais de mes cours et nous mangions nos plats respectifs en papotant. Si l’une de nous avait déjà mangé avant, soit on discutait tout de même ensemble, soit on vaquait à nos occupations. Comme je le disais, elle travaillait souvent jusque tard le soir (je me suis d’ailleurs rendu compte que le métier de prof est très prenant, et je le vois autrement !). Dans tous les cas, même lorsqu’on était occupées, on se saluait, on se demandait comment était notre journée, etc. C’était tout simplement une colocation amicale et respectueuse.

 

  • Y a-t-il des contraintes ?

Personnellement, je n’avais pas de contraintes. J’avais pris un logement senior et non famille pour avoir du calme, et les circonstances ont fait que j’ai choisi un logement sans services en contrepartie. Il suffisait donc de se respecter l’un l’autre, de ne pas faire trop de bruit tard le soir, etc.

 

  • Tu as donc opté pour la formule « sans services »…

J’avais demandé un logement avec services, malheureusement la commune ne me convenait pas. Sinon, les services dépendent de la demande du senior. Par exemple, de la compagnie pour discuter, une aide pour sortir et se déplacer, aller faire les courses pour le senior, descendre les volets, etc. Dans mon cas, le service demandé était de souper 3 ou 4 soirs par semaine avec la personne.

 

  • As-tu l’impression d’avoir tout de même aidé le senior avec qui tu vivais ?

Je pense que dans mon cas, il ne faut pas se leurrer : l’aide était surtout financière. 300€ par mois, pour un senior qui a son propre appartement, c’est un plus ! Pour les seniors, cependant, la compagnie et les services éventuels sont une aide importante aussi.

 

  • Avais-tu des contacts avec la famille du senior ? Si oui, comment cela se passait ?

Oui, je croisais parfois certains membres de sa famille (ses enfants, sa mère, sa belle-fille) ou ses amis, et à chaque fois ça s’est très bien passé. C’étaient des rencontres tout à fait amicales pour ma part : on s’est présenté, on a discuté un peu de mes études, de leur travail, leurs enfants, etc. En fonction de la nature de leur visite, soit je restais avec eux, soit je les laissais en famille, dans l’intimité.

 

  • Peux tu me donner le principal avantage et le principal inconvénient de la cohabitation intergénérationnelle, selon toi ?

Il y a deux grands avantages pour moi : le premier est financier, on a un super logement à coût réduit. Le deuxième est qu’on peut profiter de l’expérience de vie du senior et de ses conseils par rapport à nos projets et nos difficultés. Il se substitue en quelque sorte aux parents. Un jour, j’étais malade et la dame chez qui j’habitais est rentrée dans ma chambre car elle ne m’avait pas vu de la journée. Voyant que je n’étais pas bien, elle m’a fait de la soupe. Elle s’inquiétait également autant que moi pour mes examens. Par exemple, si je lui avais dis la veille que j’allais me lever tôt pour étudier, alors avant de partir au travail elle venait vérifier que j’étais levée pour réviser ! Elle m’a également soutenue lors de mon stage, qui m’a causé pas mal de problèmes…

En ce qui concerne les inconvénients, si je dois vraiment en trouver un, je dirais que parfois, je n’avais par exemple pas assez de place dans le frigo pour mes aliments. J’ai du acheter un autre congélateur d’appoint. Mais c’est tout !

 

  • À quel type d’étudiant recommanderais-tu cette forme de cohabitation ?

Les étudiants calmes, solitaires, qui aiment écouter et qui s’intéressent aux récits de vie. Les étudiants qui ont des difficultés financières et qui veulent faire des économies. Les étudiants qui souhaitent prendre leurs distances avec leur famille et s’émanciper sans pour autant être sans contrôle « parental ». Les étudiants qui souhaitent kotter dans le calme (sans fêtes organisées par les colocs, etc.)

 

Merci Samia pour tes réponses !
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